MIEL AMER – Analyse de la pièce “Que celui qui n’a jamais péché…” de Stachys Epaïnète ADJINAKOU*

La cruauté de l’être humain dans la pièce théâtrale « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre » de Epaïnète ADJINAKOU.

MIEL AMER!

Monique, une ancienne prostituée, tombe sur son ex Clément chez son fiancé Juste. Elle découvre à sa grande surprise qu'en plus de travailler dans la même entreprise, Juste en tant que patron de Clément, les deux hommes sont des amis d'enfance.

Clément aussi était ébahi de découvrir que la nouvelle fiancée de son ami Juste est cette jeune femme qu'il avait rencontrée sur le trottoir et avec qui il entrevoyait de se marier avant de la mettre dehors une nuit à coups de pied, suite à la risée dont il faisait constamment l'objet de la part de tous ceux qui, comme lui, avaient eu également à puiser leur eau de plaisir charnel dans le puits intérieur de Monique pendant ses années de prostitution.

Monique avait tellement honte de ce chapitre de sa vie qu'elle accepta et considéra les invectives et les coups de Clément comme une punition divine méritée. Jusqu'à ce qu'elle rencontra Juste à l'église catholique St François-Xavier.

Sachant que Clément lui avait déjà bousillé deux chances de mariage avec Luc et Fistel, Monique se rendit chez lui pour tenter de le dissuader de nuire à sa relation avec Juste.

Clément l'humilia davantage et lui renouvela son serment de détruire tout projet de mariage entre elle et n'importe laquelle de ses connaissances. Il appela Juste pour tout lui révéler, ajoutant le mensonge que Monique lui avait proposé du sexe pour acheter son silence.

Juste, abasourdi, encouragea Clément à accepter la prétendue proposition pour en avoir le cœur net. Devant Juste, Clément appela Monique. Celle-ci refusa toute soumission au chantage et proposa même de lui recommander d'autres femmes de son ancien réseau.

Mais Clément insista: « En échange de mon silence, tu acceptes de coucher avec moi trois fois par semaine. Sinon, je déballe tout à Juste. » Monique céda. Le rendez-vous est fixé pour le lendemain à 8h.

Plus tard, Monique prépare un repas surprise pour Juste. C’est au cours de ce dîner qu’elle décide de lui révéler toute la vérité sur son passé. Convaincue que leur relation est terminée, elle tente de partir. Mais Juste, au lieu de la rejeter, la prend dans ses bras et l’enveloppe d’amour. Ce qui devait être une rupture se transforme en réconciliation intime.

Le lendemain, Monique part tôt pour rassurer sa mère. Juste, inquiet, pense qu’elle est partie honorer le rendez-vous avec Clément. Il est 8h. Clément attend. Monique ne vient pas. Il appelle Juste. Celui-ci comprend alors que Monique a refusé le chantage. Il conclut: « Si à cette heure Monique n’est pas chez toi, c’est qu’elle n’est plus ce que tu dis d’elle. Et tu vas nous laisser tranquille désormais. »

« Ne t’a-t-on jamais dit qu’entre l’arbre et l’écorce, il ne faut jamais mettre le doigt? »

Cette pièce pose des questions profondes:

  • Le passé d’un individu le prive-t-il du bonheur?
  • Dans le tribunal de la prostitution, l’homme est-il moins coupable que la femme?
  • Un homme peut-il épouser une ancienne prostituée?
  • Une femme ayant ce passé doit-elle renoncer à rêver d’un mariage?

Stachys Epaïnète ADJINAKOU est l’auteur de cette pièce théâtrale, publiée aux Éditions Savanes du Continent de Rodrigue Martial Atchaoue.

Chrys Amègan
Exode 14: 14

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